Pourquoi les maris italiens acceptaient-ils les amants de leur femme ?

Pourquoi les maris italiens acceptaient-ils les amants de leur femme ?

Author: Choses à Savoir April 13, 2026 Duration: 2:25

Au XVIIe et XVIIIe siècles, dans l’aristocratie italienne, existait une institution aussi étonnante que codifiée : celle du sigisbée, ou cicisbeo. Derrière ce mot un peu mystérieux se cache une réalité déroutante pour nos yeux modernes : un amant… officiel.


Le principe est simple, mais profondément ancré dans les mœurs de l’époque. Une femme noble mariée — souvent très jeune, dans le cadre d’un mariage arrangé — se voit attribuer un compagnon attitré : le sigisbée. Cet homme, généralement choisi avec l’accord du mari, accompagne la dame dans la vie sociale. Il la suit au théâtre, aux bals, aux promenades, et reste constamment à ses côtés en public.


Mais ce rôle ne se limite pas à une simple présence. Le sigisbée doit être élégant, cultivé, galant. Il ouvre les portes, porte les éventails, murmure à l’oreille, protège la réputation… et, bien souvent, entretient une relation amoureuse avec la femme. Tout cela au vu et au su de la société — et du mari.


Car c’est là toute la singularité du système : il est toléré, voire encouragé. Le mariage aristocratique est avant tout une alliance sociale et économique. L’amour, lui, trouve sa place ailleurs. Le sigisbée devient alors une sorte de soupape émotionnelle, mais aussi un élément de prestige. Avoir un sigisbée raffiné et apprécié est presque un signe de statut.


Dans certains cas, la relation est si installée que le sigisbée dispose de ses propres appartements dans la maison du couple. Il peut même participer à la vie quotidienne, presque comme un membre supplémentaire du foyer. Bien sûr, tout cela obéit à des règles implicites très strictes : discrétion, élégance, absence de scandale public.


Cette pratique, très répandue dans les grandes villes comme Venise, Turin ou Florence, intrigue les voyageurs étrangers de l’époque. Beaucoup y voient une forme de libertinage organisé, d’autres une hypocrisie sociale parfaitement assumée.


Mais le phénomène décline à la fin du XVIIIe siècle, avec les bouleversements politiques et moraux liés à la Révolution française et à l’évolution des mentalités. Le mariage commence à être davantage associé à l’amour et à l’intimité, rendant le rôle du sigisbée progressivement obsolète.


Aujourd’hui, les sigisbées nous fascinent car ils révèlent une autre façon d’organiser les relations humaines. Une société où l’amour, le mariage et le désir ne coïncident pas forcément — mais où tout cela peut coexister… à condition de respecter les règles du jeu.


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